Premièrement, ça ne s’adresse pas qu’aux designers graphiques ou industriels. Design fait référence au « Design Thinking ».

Le sprint de design est une méthodologie développée à l’origine par une petite équipe chez Google Ventures, aux États-Unis. Inspiré du développement agile et centré sur l’expérience utilisateur, le sprint utilise les grands principes du Design Thinking popularisé par IDEO pour obtenir des réponses rapides à des questions critiques au futur de l’entreprise.

Grâce au prototypage rapide, de nouvelles idées peuvent être amenées et testées auprès d’audiences ciblées en aussi peu que cinq jours.

Le processus comprend six étapes :

  • Comprendre

  • Définir

  • Diverger

  • Converger

  • Prototyper

  • Valider

Pour ceux qui sont familier avec l’innovation continue et les méthodes de Design Thinking, on retrouve donc sensiblement les mêmes étapes, exception faite de l’implémentation.

Plusieurs entreprises utilisent cet outil lorsque leur recherche est à un stade bien avancé et/ou pour sortir d’un mode R&D et préciser des points de frictions spécifiques qui nécessitent une nouvelle solution.

Chaque stade de la méthodologie inclus des pratiques issus du design d’expérience (UX). Ces stades servent à résumer les études réalisées précédemment de sorte que chaque participant possède les mêmes connaissances et puisse contribuer de manière efficace.

 Avant le sprint

Une bonne préparation est essentielle avant d’entamer un sprint. Vous devrez recruter un groupe de participants en provenance de tous les départements de votre entreprise : business, marketing, technologie, produit, design et parfois même finance, afin de pouvoir faire s’entrechoquer le plus grand nombre de perspectives et éviter les angles morts.

Idéalement, ne dépassez pas sept participants, en incluant votre facilitateur de sprint. Assurez-vous également d’avoir au moins un décideur ou délégué avec vous pendant le sprint. Si cette personne ne peut se libérer pendant toute la durée, tentez au minimum de l’avoir avec vous lors des moments clés de prise de décision. Si vous ne l’incluez pas, vous risquez de faire tout ça pour rien.

Envoyez-leur cet article en préparation au sprint afin qu’ils sachent à quoi s’attendre. Ajoutez à votre courriel un court paragraphe expliquant le défi actuel pour lequel vous suggérez le sprint, vos attentes par rapport au résultat et votre définition du succès. Demeurez réalistes; avoir une meilleure vue de ce que souhaitent vos utilisateurs est un résultat tout à fait raisonnable.

En termes de logistique, vous devrez mettre la main sur le matériel requis avant de pouvoir démarrer :

  • Des blocs notes

  • Des autocollants ronds de deux tailles et couleurs différentes (ex. 1 cm et 2.5 cm de diamètre)

  • Des blocs de papier format lettre

  • Des marqueurs pour tableau blanc (beaucoup!)

  • Des crayons à mine

  • Deux grands tableaux blancs que vous utiliserez tout au long de la semaine

Évitez de mélanger les Sharpies permanents et les feutres à tableau blanc, sans quoi vous pourriez avoir de mauvaises surprises !

N'oubliez pas de réserver votre "war room" pour la semaine! Photo: Breather

Le rôle du facilitateur

Pour donner un espace à chacun et parce que personne n’a toutes les réponses, le facilitateur s’assure du rythme, de la progression et de la candeur avec laquelle sont approchés les problèmes auxquels vos utilisateurs font face.

À noter : nous utilisons volontairement le terme « utilisateurs » et non consommateurs ou clients, car un sprint peut aussi bien servir à améliorer l’expérience consommateur que celle de votre personnel ou vos partenaires.

Nous croyons qu’il y a quatre types d’innovation auxquels les entreprises devraient s’attarder, et l’innovation au niveau des produits et services n’est que le premier d’entre eux. Les trois autres sont l’innovation des modèles d’affaires, des opérations et de l’expérience utilisateur.

Quand proposer un sprint ?

En bref, quand vos enjeux sont importants, quand vous voulez minimiser le temps requis pour arriver à un produit minimum viable (MVP) et donc tirer des apprentissages constructifs, ou quand vous êtes tout simplement coincés et avez besoin d’un regard neuf.

Photo: Danielle MacInnes / Unsplash

Lundi : comprendre et définir

Le premier jour, on partage les connaissances de chacun. C’est un jour de « whiteboarding ». En matinée, on commence par la fin pour illustrer ce que serait le futur parfait (dans six mois, un an…), puis le pire scénario.

Vient ensuite le moment d’illustrer par un diagramme simple comment l’utilisateur navigue à travers son expérience avec le produit, service ou processus visé.

En après-midi, on interview des experts dans différents domaines. Ceux-ci peuvent venir de différents départements de votre entreprise, d’entreprises au modèle similaire au vôtre (pourquoi pas?) et sont dans tous les cas experts dans le problème à résoudre ou une partie de celui-ci.

De courtes entrevues permettront de mieux comprendre et améliorer votre diagramme. C’est aussi l’occasion d’inclure vos collègues trop occupés mais qui ont un poste clé dans l’entreprise ou que vous voulez impliquer malgré tout.

Ce pourrait être par exemple un directeur du développement d’affaires qui entend tous les jours des prospects lui faire part de leurs objections, mais qui passe ses journées en-dehors du bureau.

À la fin de la journée, on choisira un point de friction spécifique dans le diagramme et une question sur laquelle on focalisera pendant le reste de la semaine. Par exemple, ce pourrait être « comment peut-on faire en sorte que les utilisateurs trouvent le contenu qui les intéresse? » ou « comment peut-on faire vivre la même expérience en ligne que celle que nos utilisateurs vivent dans nos points de vente ? »

Mardi : diverger

L’innovation passe souvent par remixer de vieilles idées pour leur donner de nouveaux objectifs.

On focalisera sur les solutions possibles en les illustrant pour les rendre tangibles, mais puisque le remue méninge ne fonctionne pas, ce sera fait avec un espace et un temps donné pour que chacun puisse faire passer ses idées sans qu’elles soient attachées à une personnalité ou une fonction dans l’entreprise.

C’est également le temps de débuter le recrutement des utilisateurs pour les tests du vendredi.

Mercredi : décider

Mercredi est probablement la journée la plus drainante, mais c’est aussi celle qui facilitera le prototypage par la suite. Comme on dit, pour couper un arbre efficacement, il faut passer la moitié de son temps à aiguiser sa hache !

Après avoir divergé la veille pour faire émerger les idées les plus inattendues, le temps est venu de décider lesquelles sont à tester maintenant, à mettre de côté pour plus tard ou simplement pas la peine de s’y attarder dans le contexte actuel.

On compare la pile de solutions de la veille (sans en ajouter de nouvelles!) à l’objectif établi le lundi. Parfois, plusieurs d’entre elles se combinent et se complètent parfaitement, d’autres fois, elles sont contradictoires mais tout aussi porteuses. Dans le premier cas, on fera un seul prototype, dans le second, on fera compétitionner plusieurs (deux ou trois) prototypes en parallèle.

Vous voudrez avoir votre décideur avec vous pour cette partie du sprint, particulièrement l’avant-midi du mercredi. L’après-midi sera consacré au storyboard, comme au cinéma. Le résultat devrait inclure de cinq à 15 cases qui ensemble raconte l’histoire de votre utilisateur dans son environnement naturel, de sa découverte de votre solution à la fin de l’interaction.

Photo : Alex Knight / Unsplash

Jeudi : prototyper

Le mot d’ordre du jeudi : on y croit ! Maintenant que toutes les grosses décisions ont été prises, on passe au prototypage. Comme Boucle D’Or, vous voulez un résultat qui ne soit pas trop poli ni pas suffisamment ; vous devrez visez le « juste assez convaincant ».

Pour se faire, l’équipe se divisera plusieurs tâches : faiseur, rabouteur, écrivain et collecteurs. Chacun fera sa part, en utilisant des outils rapides et flexibles. Par exemple, une interface de site web pourra être imitée en utilisant PowerPoint ou Keynote.

Le carton, la styromousse, les blocs Lego sont d’autres matériaux tout à fait acceptables, selon ce qui doit être prototypé. Il vous faudra viser juste assez de réalisme pour évoquer des réactions sincères de la part des utilisateurs.

Rappelez-vous : le but ultime de l’exercice est de tester le potentiel d’une idée rapidement et à moindre coûts. N’en faites pas trop, vous risqueriez de trop vous attacher à votre idée ou dépenser trop d’énergie pour devoir rebrousser chemin par la suite.

Vendredi : Valider

On passe au mode « lab de recherche ». Après un test de son et vidéo, on fera cinq entrevues d’un à un dans une pièce rangée et confortable, avec le reste de l’équipe qui observera et prendra des notes dans une autre pièce, grâce au fil vidéo.

À la fin des entrevues, on compilera les notes pour identifier des patterns, et un plan sera monté pour retravailler ce qui doit l’être. On reverra l’objectif initial et les questions retenues.

On rédigera les résultats et choisira quelle devrait être la suite des choses. Par exemple, un court sprint de suivi peut être organisé pour optimiser le prototype, recruter d’autres utilisateurs et tester une seconde fois sur base des apprentissages.

 Vous êtes prêts ?

Si vous vous sentez d’attaque pour entamer votre sprint, Nash. peut intervenir en tant qu’organisateur / facilitateur du processus. Un peu comme un Scrum Master, le facilitateur s’assure que chacun respecte les étapes et les délais, reformule et synthétise la pensée de chacun et fait en sorte que tout le monde soit entendu.

Nous mettons également la main à la pâte dans toutes les étapes, avec une mentalité de débutant qui apporte parfois un vent de fraîcheur inattendu. Avec des connaissances approfondies en stratégie et hautes technologies, nous pouvons également intervenir comme experts dans certains domaines pour vous aiguiller sur la faisabilité de certaines solutions parfois plus intimidantes.

Car si vos utilisateurs vous renseigneront sur la désirabilité des solutions proposées, il vous faut aussi tenir compte de la faisabilité et de la viabilité de vos idées pour que, conjointement, ces trois facteurs assurent un impact réel et durable.